Circuit Rouen les Essarts - Jean-Pierre Jaussaud


Bien que cela fasse bient√īt 40ans, je me souviens parfaitement de ma 1√®re venue sur le circuit des Essarts. Il s'agissait de ma 1√®re saison en sport automobile, et j'avais choisi de participer √† la Coupe de France Renault 5 Elf Alpine Turbo ; √† l'√©poque il s'agissait de la reine des formules de promotion, mais aussi et s√Ľrement, la plus exigeante tant le niveau g√©n√©ral √©tait √©lev√© ; mais je ne m'en souciais gu√®re, ayant choisi, quelques ann√©es plus t√īt, lors de mes saisons Competition moto, de participer √† la Coupe Kawasaki Moto-Revue, cat√©gorie l√† aussi au niveau tr√®s √©lev√©, le pendant sur 2 roues de la Coupe R5.

J'étais à la fois heureux et excité à l'idée de me retrouver sur ce haut lieu des sports mécaniques, empreint de tant de notoriété, mais aussi d'un certain respect... et puis, j'étais aussi sur les terres d'un ancien ami, champion motocycliste, pur normand, enfant du pays, Thierry Noblesse, dont mes anecdotes ci-après le feront certainement sourire !

C'est donc chaud/bouillant, peut-√™tre un peu trop, que je d√©boulais sur le toboggan normand. Il faut dire aussi, que 15 jours plus t√īt, j'avais r√©alis√© sur le circuit de Pau, ma meilleure performance de ce d√©but de saison, en terminant 6 √®me de la Coupe de France, et me retrouvait en t√™te au classement provisoire du 1er Pas Dunlop. C'est donc dans cet √©tat d'esprit que j'attaquais le 1er tour de course, plac√© dans le 1er tiers de grille, et donc cette fameuse descente vers le Nouveau Monde. Alors que mes petits camarades avaient attaqu√© le freinage de la chicane des Roches, je d√©cidais de rester √† fond, d√©bo√ģtais 5 ou 6 pilotes, mais √©videmment freinais beaucoup trop tard, et ne pouvais pas prendre cette fameuse chicane ; je sautais de face l'√©norme vibreur, d√©fon√ßais 5 ou 6 rang√©es de grillage ( ce qui me valut une tr√®s belle photo dans l'Ann√©e √Čchappement, mais je m'en serais bien pass√©...), et terminais la course √† la 16√®me position, avec un train avant l√©g√®rement modifi√© !! L'ann√©e d'apr√®s, nullement refroidi de mes d√©convenues, je narguais ces fameux grillages, en passant sur 2 roues !

Un autre souvenir, toujours lié à cette fameuse descente ; nous passions le cinquième rapport juste devant les stands, et à partir de là, c'était à fond jusqu'au freinage des Roches. Si le droit après les stands ne posait pas de problème, en revanche le gauche qui suivait, quelques centaines de mètres plus loin, était un peu plus délicat. Sans fioritures, appréciant les grandes courbes rapides, j'étais de ceux , pas très nombreux, qui restaient à fond absolu, sans lever... et là, l'aiguille du compteur se trouvait à la verticale, en bas, dans la zone noire, 3cms après la dernière graduation... et pour couronner le tout, à ce moment là, la roue arrière gauche levait à 20cms du sol... Je vous le disais, Rouen , un circuit de grands garçons....!

Eric Lasserre