1989 - Circuit Rouen les Essarts - Un tréqor dans la forêt - Démare Stéphane


Un trésor dans la forêt

Je suis natif de la région d'Elbeuf, j'ai passé mes vingt cinq premières années de ma vie à Cléon. J'ai été passionné par l'automobile très petit, ma maman aimait me raconter, qu'avant mes 5 ans, je m'amusais à parsemer, sur les bouts de feuilles qui trainaient chez nous, sur des livres, peut-être les papiers peints aussi, d'un petit dessin, qui représentait la Fiat 500 de ma tante, ou je regroupais mon frère, mes soeurs, étalés toutes mes petites voitures Majorette, et leurs demandaient de citer les marques et modèles de chacune. Tout ça pour dire, que c'est seulement qu'en j'ai eu 16 ans, que j'ai découvert qu'il y avait un circuit automobile, Rouen les Essarts en plus, à 3 km de chez moi. C'était pas faute d'y être passé, on prenait souvent cette route quand nous montions vers la capitale Haute Normande, j'avais bien vu ces tribunes, tous ces bâtiments ou ces petites cabanes en bois montés sur pilotis. Quand j'y réfléchis, je ne comprends pas pourquoi j'ai loupé ça.

La découverte

En 1990, un ami très proche de la famille, Paul Godbile dit « Paulo », passa, pour proposer des places, pour le 38ème Grand prix des Essarts. C'est quoi ça, une course de voiture sur LE CIRCUIT. Je ne savais pas du tout où nous allions mais j'étais ravis. Le 24 juin 1990, il vient me chercher. Nous passons par Orival et nous nous garions au bord de la voie de chemin de fer, ce que faisaient des milliers d'autres personnes. Nous nous dirigeions vers ce soit disant circuit, et j'étais stupéfait par ce flux de spectateurs, armés de leurs glacières, sac à dos, chaises de camping, il y en a même qui avaient des grandes bâches en plastiques sous les bras (bah oui, nous sommes en Normandie, mais j'étais le premier surpris de les voir outillés de la sorte). Nous remontions la D938, appelée maintenant l'avenue du Circuit en se dirigeant vers la patte d'oie, elle s'appellerait « Le nouveaux monde » m'explique Paulo. J'étais toute ouïe devant toutes les explications, mais ne mesurais pas encore ce qu'il allait se passer. La route était fermée devant nous, juste avant l'épingle. Le monde s'agglutinaient devant les guérites, payaient leurs places, nous avions déjà les nôtres, offertes par un grand fabriquant d'appareils photos, celui qui ornait l'aileron des Formule 1 Renault des années 80, vous voyez ! Toujours ignorant, on me raconte le déroulement de la journée. Ne connaissant que la formule reine du sport automobile, que je regarde sur le petit écran, toutes les disciplines qui vont se disputés sur la piste me sont totalement inconnus, Formule 3, Super Tourisme et toutes les autres, j'avais juste bien retenus qu'il y aurait des courses de Porsche, étant fan de la marque au cheval cabré de Stuttgart. On rentrait donc, partions nous installer dans ces fameux gradins faits de planche et de terre, que de monde dans cette arène où passe la route qui ne faisait plus qu'une, « exit » la patte d'oie, on ne voyait plus que cette épingle, des banderoles de sponsor étalées sur les talus pentus du nouveaux monde. J'aurais pu dire à ce moment précis, c'est comme à la télé, comme dans les quelques courses que je pouvais voir sur le service public. Les speakers présentaient l'évènement, les hauts-parleurs résonnaient dans la forêt, et on sentait une effervescence autour de nous. C'était les BMW qui hurlaient en descendant le circuit, ça résonnait dans ce vallon, ce son qu'on avait sûrement tous en tête, si on avait été là bas. Ce son que d'ailleurs, j'entendais déjà depuis ma cité HLM de Cléon. C'était depuis ce temps là, que je suivais le championnat FFSA, et toutes les formule national. Rouen à fermer en 1993. C'est triste, tout simplement triste! Ironie du sort, je vivais à Limoges (de 2002 à 2012), et la Série FFSA la plus près de chez moi, c'était la manche disputée sur le circuit du Val de Vienne, le tracé qui avait remplacé les Essarts au calendrier.